Christiana, Copenhague, Danemark

Symbole de la pensée anarchiste, Christiana, la ville libre, est née en 1971 de l’occupation d’une ancienne caserne militaire. À cette époque il était presque impossible de se loger à Copenhague. De ce ras-le-bol, un groupe de personne annonce dans un journal alternatif leur projet d’occupation et de création d’une société autogérée et autonome luttant contre la misère sociale. Les clôtures entourant l’ancien quartier militaire tombent, l’occupation commence et aujourd’hui Christiania est une communauté d’environ 1000 habitants répartie sur 34 hectares possédant sa propre culture. Elle une des rares expériences libertaires des années 70 ayant survécue. Cependant son histoire a été mouvementée et récemment (depuis 2011) Christiania a du passé du statut de squatte à l’occupation légale en rachetant les terrains à l’État.

Christiania et la « culture de la drogue » :

Il est difficile de parler de Christiania sans en évoqué son rapport à la drogue. Connue pour Pusher Street, sa rue où le cannabis est en vente libre. Christiania milite pour la légalisation du cannabis mais lutte contre et interdit l’usage des drogues dures sur son territoire. Faut dire que dans le passé plusieurs personnes y sont décédées d’overdose. La police a bien tenté d’arrêter ces ventes mais elle est face a un réseau tellement bien organisé qu’on a l’impression qu’elle ferme les yeux.

Une fois la porte d’entrée de Christiania passée on tombe vite dans ce mini Amsterdam à l’odeur de Weed. Cependant, mon impression n’a pas été très positive. J’ai eu l’impression d’être plutôt face à une mafia cherchant à se faire de l’argent qu’à de réel militant du cannabis. J’ai croisé quelques stands tenus par des Hippie tentant de vendre leurs produits locaux, mais est-ce que Christiania ne se ferrait pas envahir par des réseaux de vente extérieure, profitant de leur statut privilégier sans en partager les valeurs? Sujet délicat j’imagine. Victime de son succès, beaucoup de monde se rend aujourd’hui à Christiania juste pour fumer.

Les bases de Christiania en photos :

Qu’est-ce que Christiania aujourd’hui ?

Une fois Pusher Street passée, on entre dans le coeur de Christiania : petit marché, restaurants, bars, skate park, maisons taguées, résidences d’artistes, constructions diverses faites de récup’, jardinières de fleurs et comestibles, longues étendues d’herbes le long du canal où se prélassent les adultes et où jouent les enfants, une grande place où trône une scène de spectacle pour les évènements culturels, des vélos partout et surtout de toutes les formes aux décorations bariolées. C’est d’ailleurs ici qu’a été inventé le fameux vélo à 3 roues avec la carrioles devant qui est maintenant exporté dans le monde entier.

Christiania n’a pas seulement sa propre fabrique de vélo, elle a aussi sa propre boulangerie, sa radio, son imprimerie, son cinéma, son sauna, son jardin d’enfant, un atelier de restauration de poêle à bois, diverses productions alimentaire et sa propre bière 😉

Après une histoire mouvementée qui a bien failli causer la perte de Christiania à de nombreuses reprises, plusieurs fois menacée d’expulsion, détestée ou tolérée comme « expérience sociale » selon les gouvernements, en 2011 la communauté de Christiania et l’État s’accorde sur le rachat progressif des terrains.

Pour vivre à Christiania il faut payer un loyer, une sorte d’impôt qui part dans la caisse commune permettant de financer les travaux de rénovation. Personne n’est propriétaires de sa maison, mêmes ceux qui l’ont construite de leurs propres mains. Les décisions sont prises au consensus lors des réunions qui varient en fonction des maisons, des quartiers. Le fonctionnement de la communauté est auto-géré. Christiania a sa propre équipe d’éboueurs/recycleurs. Chacun est libre de réparer, de créer, d’exposer…

La place centrale :

Les p’tits coins pépères :

Finalement ce que j’ai le plus aimé c’est surtout me balader le long du canal et y découvrir tous les différents types d’habitats que les membres de Christiania ont construit au fil du temps, allant de la maison « super écologique » à la roulotte en passant par d’autres formes plus créatives, qu’ils s’agissent d’habitats collectifs/communautaires, familiales ou individuels. Au final il y en a pour tous les goûts!

En voici en photos :

Sur les dernières prises on voit bien la transformation des anciennes casernes en collectif d’habitats.

Christiania a même son terrain de football :

Pour en savoir plus, surtout en ce qui concerne l’organisation interne de Christiania je vous invite à lire cet article de Mediapart

Mais aussi pour aller plus loin :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Christiania_(Danemark)

Christiania, après de longues années de résistance, a su trouvé un compromis avec l’État afin de devenir « légale » tout en préservant sa culture. Même si elle a été quelque part rattrapée par le capitalisme et se retrouve de nouveau face à une crise du logement, puisqu’il y a une longue liste d’attente pour entrer à Christiania et qu’il n’est plus possible de construire sur les rives, elle reste un bel exemple de victoire d’un mode de vie alternatif, et donne à Copenhague, une capitale Européenne, une image de ville ouverte et éclectique.

Totnes Transition Town

Au sud ouest de l’Angleterre, dans le Devon, Totnes est une petite ville d’environ 8 000 habitants. C’est ici qu’est né en 2006 le mouvement des villes en transitions. Un mouvement inspiré de la Permaculture qui vise le développement d’une économie locale et la sortie progressive de notre dépendance aux énergies fossiles afin de créer un monde durable et de lutter contre le réchauffement climatique.

Ce mouvement, porté par Rob Hopking (professeur en Permaculture) et par d’autres, a inspiré de nombreuses villes partout dans le monde et c’est tant mieux!

Je me suis donc rendue à Totnes, au printemps 2018, pour participer au Transition Tour : un tour guidé de la ville vu sous l’angle de ces alternatives.

Comme son nom l’indique, Totnes est en « transition ». Il ne faut pas s’attendre à trouver ici la ville « parfaite » écologiquement parlant. La mise en place des initiatives se fait progressivement suivant les rythmes et les forces à dispositions de chacun. Cependant Totnes est le creuset de très nombreux projets pouvant réellement être une sources d’inspiration pour d’autres communes.

Ce mouvement part d’une ville « normale » et se demande comment est-il possible de rendre cette ville plus écologique, dynamique et humaine? Et surtout comment impliquer les habitants même si ces derniers sont loin d’avoir des préoccupation d’ordre écologique? Ce qui semble fonctionner à Totnes c’est la création de plein de petits groupes où chacun semble trouver sa place dans la mise en oeuvre de projets divers touchant à l’énergie, l’alimentation, la santé et bien être, le transport, la construction, la gestion des déchets, l’économie, l’art, bref tout ce qui concerne notre quotidien!
Il s’agit de re-penser sa ville sous un autre angle et de voir quelles modifications il est possible d’y apporter!

La rue centrale et les quais de Totnes :

Rue centrale
Le jour du marché :

La transition remet en question l’idée de la croissance économique « produire plus, gagner plus, consommer plus » mais bien au contraire parle de résilience. Totnes Transition Town (TTT) propose de nouvelles façons de régénérer l’économie en rendant les choses plus locales et en réduisant vraiment sa dépendance face aux énergies fossiles. Cela pourrait être un énorme avantage économique pour la communauté et créer plus d’emplois locaux.

Par exemple : le constat est que la plus part des légumes consommés par les habitants parcourent des kilomètres pour arriver sur les étales de Totnes, cela a un fort impact écologique et économique. Les économies faites sur les transports pourraient servir à payer un agriculteur local!

En gros : le « bisness » local c’est d’éviter que l’argent sorte de la localité!

C’est ainsi que Totnes a mis en place sa monnaie locale : Totnes pound. Avec laquelle il est possible de payer avec des billets créés à cet effet mais aussi électroniquement par sms ou email.

À Totnes, les initiatives naissent de groupes qui cherchent à avoir un impact sur la politique de la ville. Par leurs analyses entre besoins, réalités écologiques et les ressources à disposition, ces groupes proposent divers projets et collaborent à leurs mise en place. Comme par exemple le projet des incroyables comestibles, des jardins partagés, d’un verger publique, d’un bus publique pour réduire l’usage de la voiture, une zone dédiée aux voitures électriques, de la construction de 2 turbines pour produire l’énergie électrique servant à la ville, un projet d’éco-quartier, un festival d’alimentation local et bien plus encore …
Voici certains de ces exemples en photos ci-dessous :

Les turbines servant à produire de l’électricité :

Les jardins partagés :

Bacs incroyables comestibles. Le concept est simple, on plante ce qu’on veut, n’importe qui peut récolter!

Espace pour les voitures électriques :

Bus gratuit qui relie les différents quartiers de la ville :

Le TTT a proposé aux habitants de Totnes le « Transition Street » : la rue en transition. Il s’agit d’une initiative où les habitants d’un quartier se réunissent régulièrement autour d’un livret créé par le TTT qui permet de s’interroger sur sa conduite concernant : l’alimentation, consommation d’eau, d’électricité, l’isolation, les modes de transport utilisés, la gestion des déchets et le recyclage.
Ce livret donne des conseils afin d’avoir une meilleur conduite écologique et a permis aux habitants de réaliser des économies, de mettre en place des systèmes de co-voiturage, d’échange de biens, mais surtout il a offert la possibilité à chacun de se rencontrer et de mieux se connaître, créant ainsi un plus grand sens de la communauté et de l’entraide.

Le TTT est aussi très actif dans le domaine de la promotion de création d’emplois locaux par un projet nomé Local Economy Blueprint. « Le but de cette économie locale est de maximiser le bonheur et le bien être de la communauté entière. De créer une abondance d’opportunités pour satisfaire les besoins de tous en utilisant et distribuant équitablement les ressources à disposition dans le respect des limites naturelles. »
Il s’agit d’un projet qui réfléchit à comment il est possible de créer de nouvelles sources d’économie locale. Créant ainsi : « mon argent devient ton salaire et vise versa ».
Ils ont ainsi créer un espace de travail partagé pour les petites entreprises locales et un forum d’entrepreneurs locaux : la communauté des Dragons (Community of dragon), qui a permis de donner naissance à de nombreuses entreprises locales en lien avec le développement durable, telles que : Argand Solution (consultation en energie) ou School Farm (école agricole).

Le groupe TTT emploie aujourd’hui 9 mi-temps et fonctionne grâce à l’aide de nombreux volontaires.

Hal notre guide nous explique qu’à Totnes les « activistes sont devenus des entrepreneurs ». Cette phrase résume bien le parcourt vécu par ces personnes qui ont fait bouger Totnes pour en faire l’exemple de la ville en transition.

Le tour s’est terminé à la brasserie de Totnes, crée en 2013, pour déguster une bière artisanale et locale!

Pour plus d’infos : https://www.transitiontowntotnes.org/

Pour les initiatives en France : http://www.entransition.fr

Torri Superiore

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Torri Superiore
Ecovillage en ligure, Italie
Via Torri Superiore 5
18039 VENTIMIGLIAItalie
www.torri-superiore.org

Habitants : 20 personnes

L’aventure de Torri Superiore a commencé en 1989 lorsque le village à l’abandon a été racheté par l’association culturelle de Torri Superiore. L’idée est de restaurer ce lieu afin d’en faire une communauté de vie, un lieu d’accueil et une résidence culturelle tout en respectant les principes de l’écologie et dans une démarche allant vers l’auto-suffisance.
Le rachat de l’ensemble du village n’a pas été facile et a pris plusieurs années le temps de retrouver les différents propriétaires et de boucler les démarches administratives.
Aujourd’hui l’écovillage est la propriété de l’association culturelle et après des années de chantiers de reconstruction le village est devenu le lieu de résidence de 12 adultes et 8 enfants, ainsi qu’un lieu d’accueil d’environ 30 lits.
Il reste à faire mais le plus gros a été fait! Torri est un village de 3000m2 et possède 162 pièces. La reconstruction a été réalisée grâce à l’aide de nombreux volontaires venus d’un peu partout pour participer à un chantier avec des matériaux écologiques et locaux. Les habitants ont commencé à s’y installer à partir de 1993.

Torri Superiore est géré à la fois par l’association culturelle qui comptent 30 membres entre résidents et non résidents, et par la communauté de résidents. Les membres de l’association se rencontrent régulièrement afin de prendre les grandes décisions. Le quotidien est géré par les résidents.
Chaque nouveau résident a une période d’essai d’1 an et doit être accepté par tous les autres avant de pouvoir s’installer définitivement.

A Torri Superiore chacun vit chez soi, dans sa propre maison, mais tous se rencontrent pour gérer collectivement le lieu. Les repas du midi et du soir sont pris en commun dans la grande salle à manger en compagnie des visiteurs venus pour participer à un stage ou en simple touriste. Une fois par semaine, les résidents se réunissent afin d’organiser les différentes tâches de la vie quotidienne : préparation des repas, courses, vaisselle, entretient et divers chantiers en fonction des besoins. Chacun participe aux tâches en fonction de ses disponibilités et de ses envies et pour le moment ça fonctionne très bien!

Chaque résident a sa propre autonomie financière. Il y a ceux qui organisent des stages, ceux qui travaillent pour le centre d’accueil, ceux qui ont une activité à l’extérieur et ceux qui ont créé des activités sur place comme le maraichage ou l’élevage. D’une certaine façon ils méritent bien leur nom d’écovillage car le maraicher vent ses fruits et légumes à l’association culturelle qui organisent des stages grâce aux savoirs faire des uns et des autres et embauche d’autres résidents pour gérer l’accueil des hôtes!

L’écologie à Torri Superiore :

  • le village a été rénové avec des matériaux écologiques et locaux
  • l’électricité est en grande partie produite par les panneaux photovoltaïques
  • eau chaude solaire
  • les maisons sont chauffées par l’eau chaude produite par les panneaux solaires qui circulent dans les murs des maisons à travers des conduites (voir photo ci-dessous) et grâce au bois
  • les véhicules sont partagés

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Le social à Torri Superiore :

Toutes les décisions sont prises en consensus. Ici, il n’y a pas de charte ni de règlement. Chacun apporte ses compétences. Une fois par semaine, les résidents se réunissent pour se répartir les tâches. Chacun a une ou plusieurs responsabilités. La vie semble bien s’articuler et s’équilibrer entre temps personnel, chantier et collectif.

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L’alimentation :

Elle est en grande partie produite sur place grâce aux nombreux jardins en terrasse tout autour du village. De nombreux fruits et légumes y sont cultivés selon les principes de l’agriculture biologique et de la permaculture. Torri produit aussi son huile d’olive, pain, confiture, tisane, miel, lait de chèvre, fromage, yaourt, glace…
Les produits achetés à l’extérieur sont bio et locaux.
Les repas sont préparés et pris en commun.

(Photos : la salle commune des repas/les jardins)

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Économie :

Chaque résident reverse une somme (environ 300€) chaque mois à l’association. Cet argent est utilisé pour payer les charges et projets communs. De plus, les membres s’échangent volontiers services et biens (vêtements, jouets, livres…)
Le village accueille chaque année de nombreux volontaires venus des quatre coins du monde qui participent à la vie collective et aux chantiers.
Torri vit de l’éco-tourisme, de l’organisation de stages autour de l’art, artisanat, écologie et durabilité et de la vente locale de ses productions.
(Photos : les chambres pour les visiteurs/stage de fabrication de savons)

Ci dessous les résidents de Torri Superiore

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Avant et après!

Un lieu qui fonctionne bien : Torri comptent environ 3000 visiteurs par an!

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Pour plus d’information visitez leur site internet : torri superiore

Alter Tour 2016

Info pour celles et ceux qui ont envie de pédaler cet été à la rencontre des Alternatives en Bretagne, comme chaque année, l’AlterTour, propose de relier en vélo les alternatives de diverses régions. Plusieurs visites d’éco-lieux, communautés intentionnelles et coopératives sont au programme.

Je vous met le lien ici : Alter Tour 2016

 

Le Hameau des Buis, Ardèche, France.

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Hameau des Buis

Chaulet, 07460 Berrias-et-Casteljau, France

Idéologies : écologie, école autrement, intergénération, habitat groupé…

Revenu : indépendant et partagé

 Le Hameau des Buis est un lieu de vie et d’accueil autour d’une école, sur une base vivrière agricole dans le sud de l’Ardèche. Il comprend une vingtaine de logements, du studio au T4, entièrement conçus de manière bioclimatique à base de matériaux écologiques.

Le Hameau des Buis s’inscrit dans la continuité de La Ferme des Enfants, porté par un désir collectif d’incarner le changement afin de participer à créer une société plus écologique et humaine. Développé par l’association La Ferme des Enfants depuis 2001, cette Oasis de vie comporte une cinquantaine d’habitants de 3 à 84 ans, un centre de formation, 80 élèves de la maternelle au collège, une ferme, une boulangerie…

Pour tout savoir sur le Hameau des Buis et la Ferme des Enfants : hameaudesbuis.com

Le film de la ferme des enfants « les enfants de demain » : www.youtube.com

Tamera, Portugal

Tamera, Healing Biotope. Portugal,Monte do Cerro.

170 personnes

330 hectares

Idéologies : amour libre, permaculture, acteur pour la paix.

Revenu : partagé.

L’éco village de Tamera situé dans le sud du Portugal entre Faro et Lisbonne a été créé par un groupe venant de la communauté de Zegg en Allemagne. Zegg a été fondé en 1978 et le projet de Tamera en 1995.

A l’origine de ces projets on retrouve un groupe d’activistes qui cherchent à comprendre l’origine des conflits entre les êtres humains et qui souhaitent amener un nouveau modèle de société basé sur des principes de non violence et de coopération entre les différents êtres vivants et la nature.

Très vite il devient évident qu’il faut prendre soin des relations humaines et que celles-ci doivent être placées au centre du travail communautaire puisqu’il est impossible de générer la paix sur Terre aussi longtemps qu’il y aura des conflits dans nos relations quotidiennes et particulièrement entre hommes et femmes. C’est sur cette idée de base que naît le concept de l’amour libre développé par ces deux communautés. Un amour libre de peurs, de la jalousie, basé sur une communication ouverte et honnête.

Le concept de paix ne s’arrête pas seulement à celle entre les êtres humains mais s’étend à notre rapport aux animaux, aux végétaux et à la nature en générale, avec une réflexion globale sur la place et le coopération que nous devons avoir avec celle-ci. Ainsi, depuis Zegg, les membres de la communauté cherchent à acquérir une terre dans le sud avec l’idée de restaurer un écosystème et de mettre en pratique les idées de la permaculture afin de montrer qu’il est possible de redonner vie à des territoires se désertifiant à cause d’une forte exploitation humaine. Cela leur prend plusieurs années avant de trouver ce qui deviendra Tamera.

L’éco village de Tamera est aujourd’hui un centre de recherche au niveau écologique et technique; sociale et spirituel mondialement connue.

Voici la carte du territoire de Tamera représenter par un oiseau, symbole de la liberté.

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Les fondateurs :

Dr. Dieter Duhm : psycho analyste, historien en Art, leader du mouvement des étudiants en Allemagne en 1968, visionnaire et responsable du département des Arts et le le Santé à Tamera.

Sabine Lichtenfels : ambassadrice de la paix, auteure, chercheuse en théologie, responsable de Global Love School et de la recherche spirituelle à Tamera.

L’aspect social et l’amour libre à Tamera :

Les activités communautaire de Tamera sont principalement centrées sur la construction des rapports humains au sein de la communauté dans le désir de vivre une nouvelle forme d’amour, de relation et de sexualité qui permet à chacun d’être vraiment ce qu’il est et d’exprimer son amour. Les relations et la sexualité sont un terrain de recherche et d’expérimentation à Tamera. « Il y aura la paix sur Terre le jour où on arrêtera de faire la guerre en amour ». Selon Tamera le drame de notre société actuelle est celui de l’amour. Notre monde est construit sur des bases de violences, de guerres et de conflits qui nous rendent méfiants, nous empêche d’exprimer notre amour, nous rendent violent et nous fait souffrir. L’humanité souffre d’un manque d’amour. La prise de conscience de ces aspects a poussé les membres de la communauté à porter leurs recherches sur la guérison de nos souffrances et sur comment exprimer l’Entier Amour qui se trouve en nous. Cela passe par le fait de reconnaître nos différentes souffrances et de nous autoriser à aimer. L’Amour ne peut être dirigé seulement envers une personne. Cela ne veut pas dire que nous devons tout le temps avoir plusieurs ou changer de partenaires selon nos désirs, mais de reconnaître qu’en nous nous pouvons avoir diverses attractions et formes d’amours envers plusieurs personnes et que si cela existe en nous, cela existe aussi chez notre partenaire, ce que nous devons accueillir. L’amour libre et le couple ne s’excluent pas l’un de l’autre, au contraire ils se complètent et l’amour libre est vue comme une troisième voie. L’amour libre se base avant tout sur une communication authentique et non violente où chacun est libre d’exprimer ses sentiments et ses besoins, ce qui amène à plus de compréhension et de respect de l’autre. Le support d’une communauté dans cette démarche est très importante puisqu’elle apporte une structure où la confiance et la solidarité peut s’établir.

Pour les fondateurs de Tamera et de Zegg ils semblaient essentiel de pouvoir offrir des espaces communautaires où il est possible de travailler sur ces problématiques, notamment lors du Forum, qui est un outil employé en groupe où chacun est invité à partager ses ressentis devant les autres. Ces Forum sont guidés par un facilitateur, qui aide la personne à reformuler, qui l’oriente dans son cheminement afin qu’elle puisse trouver l’origine de son ressenti et s’en libère. Le facilitateur peut faire appel à d’autres membres du cercle afin qu’ils s’expriment sur la situation.

Ainsi les personnes de Zegg et Tamera expérimentent dans ce domaine, tout en disant que ce n’est pas un chemin facile mais qui amène à plus d’authenticité, de guérison, de paix et de compassion. Pour plus d’informations je vous invite à aller explorer par vous mêmes les différentes ressources que vous trouverez sur leur site web.

L’eau et l’agriculture à Tamera :

L’eau est un élément vivant qui est pris en considération par la communauté.

Eau, source de vie, de purification, réservoir de mémoires…

Au niveau écologique, afin de restaurer l’écosystème très aride de Tamera, des experts paysagistes de la permaculture ont étudié le terrain afin de créer différents bassins de rétention d’eau. De cette manière Tamera a redonné vie à tout un éco-système végétal et animal et possède l’eau nécessaire à l’usage quotidien (douches, vaisselle, lavages…).

Quand il y a perte de végétation et désertification, la terre perd sa capacité d’absorber l’eau et quand il pleut les eaux de pluie lavent les sols au lieu d’y entrer. La création de bassins, placés aux bons endroits, permettent progressivement de collecter les eaux de pluie et ainsi la création de lacs où petit à petit autour la végétation pousse et permet de retenir de nouveau l’eau. Il devient alors possible de planter des arbres et de cultiver afin de fournir une partie de l’alimentation aux habitants locaux.

Vous pouvez voir sur la photo qui suit la différence dans le paysage au début de Tamera et aujourd’hui.

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A Tamera, bien sûr, vous ne trouverez que des toilettes sèches, puisque l’eau étant précieuse est utilisée là où elle est nécessaire et que le compost des toilettes peut être valorisé et utilisé en tant que fertilisant pour la terre.

Ci dessous, la photo de toilettes sèches au campus :

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L’éducation à Tamera :

L’éducation est un aspect très important à Tamera.

Le Global Campus et L’École Terra Nova:

Tamera est un campus pour tous, où différents membres de la communauté proposent des cours en rapport avec la permaculture, l’amour libre, les énergies renouvelables… Ces mêmes cours sont aussi proposés à l’extérieur afin de faire connaître les idéaux de la communauté et de faire naître de nouvelles initiatives.

Escola da Esperança :

Les enfants qui incarnent la nouvelle génération sont éduqués selon des pédagogies nouvelles.

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Une des particularités à Tamera concerne le fait que les enfants vivent ensemble sur un même territoire, avec des éducateurs. A partir de 6 ans, les enfants peuvent, s’ils le désirent, intégrer le campus des enfants où ils vivent en collectif et où l’éducation est quotidienne. Ils peuvent rendent visite à leurs parents quand ils le désirent et les parents peuvent faire de même.

L’école de Tamera est très active au niveau politique en faveur de la paix, et souvent les enfants organisent des séjours/échanges à l’étranger afin de partager avec d’autres écoles ou groupes d’enfants vivant des situations quotidiennes très différentes des leurs.

https://www.youtube.com/watch?v=XDerGT5wskU

Une recherche d’autosuffisance :

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L’autosuffisance alimentaire s’exprime tout d’abord par une volonté de produire au sein de la communauté les aliments consommés. Le production agricole est grande même si elle ne couvre pas tous les besoins de la communauté et de l’accueil de visiteurs.

Une expérience intéressante a été réalisée au centre solaire où pendant une période ils ont essayé de nourrir 60 personnes avec que des produits locaux. L’énergie utilisée pour la cuisine était entièrement solaire et à base de biogaz produit sur place. Cette expérience leur à permis d’être créatif dans l’utilisation d’herbes aromatiques afin de créer de nouvelles recettes savoureuses! Ce qui est aussi intéressant avec cette expérience et qu’ils ont aussi explorés leurs besoins, par exemple à savoir à quel moment de la journée ou en rapport à quelles situations ils avaient des envies de chocolats, de sucre, de café et autres aliments pour lesquels nous pouvons avoir un rapport émotionnel.

Photo de l’efficacité du cuiseur solaire de la Solar Kitchen, centre d’expérimentation de l’autosuffisance alimentaire.

 

La construction et le projet PIER :

A Tamera il est possible de voir différents types de constructions en dures et légères, allant de la caravane, à la yourte en passant par les maisons et bâtiments en terre/paille/ossature bois.

Seulement, depuis quelques années la communauté est bloquée dans la construction de nouvelles habitations par le gouvernement Portugais. Pour surmonter ce problème, Tamera a décidé de proposer un nouveau modèle de législation au gouvernement en ce qui concerne la création d’infrastructures naturelles qui préservent l’environnement à la différence d’une construction responsable de pollutions diverses. C’est le PIER projet (Plano de Intervenção em Espaço Rural). Si cette démarche se réalise, ceci pourrai être un exemple pour de nombreux autres éco villages qui sont confrontés à ces mêmes problématiques.

L’organisation financière :

Est basée sur la confiance, la transparence, le support mutuel et la participation responsable. La communauté est régulièrement informé des besoins et les décisions sont prises en commun lors d’assemblée.

Il y a les investissements privés, qui peuvent concerner une personne ou un petit groupe souhaitant mettre en place un projet, et il y a les projets collectifs de la communauté.

L’objectif de Tamera serait de pouvoir subvenir aux besoins de tous ces membres, sauf que comme ce n’est pas encore possible, de nombreuses personnes partent pendant l’hiver travailler afin d’avoir les ressources financières pour développer les projets de la communauté et subvenir à leurs besoins. Les décisions de qui part travailler sont souvent pris par tous, sur la base du volontariat. En effet certaines personnes peuvent avoir besoin de rester toute l’année sur place et d’autres ont la possibilité d’avoir un travail à l’intérieur ou à l’extérieur de la communauté. La plupart des membres sont des co-workers, c’est-à-dire des personnes qui travaillent pour la communauté en échange d’un logement, de la nourriture et d’un petit revenu.

Tamera permet de couvrir la plus grande partie de ses dépenses par les visiteurs, les cours et la vente de livres, mais aussi grâce à des cercles de donations et les prêts offert par des amis de la communauté.

Les infrastructures, les entreprises et associations de Tamera sont gérées de manière coopérative.

Projet d’herbes médicinales et culinaires :

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 Magasin de vêtements d’occasions et de recyclage de tissus :

Le centre culturel : lieu de rencontre, bar, jeux, soirées à thèmes autour du jeu, rien de mieux pour terminer la journée!

Travailler ensemble dans la joie et la connexion pour plus de plus grands résultats.

Le grand hall de Tamera : une construction ossature bois, paille et terre qui peut accueillir des centaines de personnes.

Le cercle de pierre : lieu de méditation et de contact avec les forces de la nature.

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Pour plus d’informations et pour visiter cet éco village rdv sur le site web :

https://www.tamera.org/

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Forum Terre du Ciel 2016

oiseauxCette année le forum est dédié à « Oser la fraternité », comment servir ensemble l’âme du monde?

Je vous en parle car il y aura de nombreuses communautés représentées, notamment Auroville, Findhorn, Damanhur (pour ce qui concerne les grandes communautés), le village des pruniers, le hameau des Buis, le foyer Mickael, le centre Amma et plein d’autres groupes qui participent et réfléchissent à la mise en place d’alternatives en France et à l’étranger.

Je vous invite à aller visiter le site et à prendre vos places pour une belle rencontre alternative :

http://www.terre-du-ciel.org/detail-programme.aspx?idwsgprogramme=578&idwsgprogrammesession=856