Christiana, Copenhague, Danemark

Symbole de la pensée anarchiste, Christiana, la ville libre, est née en 1971 de l’occupation d’une ancienne caserne militaire. À cette époque il était presque impossible de se loger à Copenhague. De ce ras-le-bol, un groupe de personne annonce dans un journal alternatif leur projet d’occupation et de création d’une société autogérée et autonome luttant contre la misère sociale. Les clôtures entourant l’ancien quartier militaire tombent, l’occupation commence et aujourd’hui Christiania est une communauté d’environ 1000 habitants répartie sur 34 hectares possédant sa propre culture. Elle une des rares expériences libertaires des années 70 ayant survécue. Cependant son histoire a été mouvementée et récemment (depuis 2011) Christiania a du passé du statut de squatte à l’occupation légale en rachetant les terrains à l’État.

Christiania et la « culture de la drogue » :

Il est difficile de parler de Christiania sans en évoqué son rapport à la drogue. Connue pour Pusher Street, sa rue où le cannabis est en vente libre. Christiania milite pour la légalisation du cannabis mais lutte contre et interdit l’usage des drogues dures sur son territoire. Faut dire que dans le passé plusieurs personnes y sont décédées d’overdose. La police a bien tenté d’arrêter ces ventes mais elle est face a un réseau tellement bien organisé qu’on a l’impression qu’elle ferme les yeux.

Une fois la porte d’entrée de Christiania passée on tombe vite dans ce mini Amsterdam à l’odeur de Weed. Cependant, mon impression n’a pas été très positive. J’ai eu l’impression d’être plutôt face à une mafia cherchant à se faire de l’argent qu’à de réel militant du cannabis. J’ai croisé quelques stands tenus par des Hippie tentant de vendre leurs produits locaux, mais est-ce que Christiania ne se ferrait pas envahir par des réseaux de vente extérieure, profitant de leur statut privilégier sans en partager les valeurs? Sujet délicat j’imagine. Victime de son succès, beaucoup de monde se rend aujourd’hui à Christiania juste pour fumer.

Les bases de Christiania en photos :

Qu’est-ce que Christiania aujourd’hui ?

Une fois Pusher Street passée, on entre dans le coeur de Christiania : petit marché, restaurants, bars, skate park, maisons taguées, résidences d’artistes, constructions diverses faites de récup’, jardinières de fleurs et comestibles, longues étendues d’herbes le long du canal où se prélassent les adultes et où jouent les enfants, une grande place où trône une scène de spectacle pour les évènements culturels, des vélos partout et surtout de toutes les formes aux décorations bariolées. C’est d’ailleurs ici qu’a été inventé le fameux vélo à 3 roues avec la carrioles devant qui est maintenant exporté dans le monde entier.

Christiania n’a pas seulement sa propre fabrique de vélo, elle a aussi sa propre boulangerie, sa radio, son imprimerie, son cinéma, son sauna, son jardin d’enfant, un atelier de restauration de poêle à bois, diverses productions alimentaire et sa propre bière 😉

Après une histoire mouvementée qui a bien failli causer la perte de Christiania à de nombreuses reprises, plusieurs fois menacée d’expulsion, détestée ou tolérée comme « expérience sociale » selon les gouvernements, en 2011 la communauté de Christiania et l’État s’accorde sur le rachat progressif des terrains.

Pour vivre à Christiania il faut payer un loyer, une sorte d’impôt qui part dans la caisse commune permettant de financer les travaux de rénovation. Personne n’est propriétaires de sa maison, mêmes ceux qui l’ont construite de leurs propres mains. Les décisions sont prises au consensus lors des réunions qui varient en fonction des maisons, des quartiers. Le fonctionnement de la communauté est auto-géré. Christiania a sa propre équipe d’éboueurs/recycleurs. Chacun est libre de réparer, de créer, d’exposer…

La place centrale :

Les p’tits coins pépères :

Finalement ce que j’ai le plus aimé c’est surtout me balader le long du canal et y découvrir tous les différents types d’habitats que les membres de Christiania ont construit au fil du temps, allant de la maison « super écologique » à la roulotte en passant par d’autres formes plus créatives, qu’ils s’agissent d’habitats collectifs/communautaires, familiales ou individuels. Au final il y en a pour tous les goûts!

En voici en photos :

Sur les dernières prises on voit bien la transformation des anciennes casernes en collectif d’habitats.

Christiania a même son terrain de football :

Pour en savoir plus, surtout en ce qui concerne l’organisation interne de Christiania je vous invite à lire cet article de Mediapart

Mais aussi pour aller plus loin :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Christiania_(Danemark)

Christiania, après de longues années de résistance, a su trouvé un compromis avec l’État afin de devenir « légale » tout en préservant sa culture. Même si elle a été quelque part rattrapée par le capitalisme et se retrouve de nouveau face à une crise du logement, puisqu’il y a une longue liste d’attente pour entrer à Christiania et qu’il n’est plus possible de construire sur les rives, elle reste un bel exemple de victoire d’un mode de vie alternatif, et donne à Copenhague, une capitale Européenne, une image de ville ouverte et éclectique.

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Totnes Transition Town

Au sud ouest de l’Angleterre, dans le Devon, Totnes est une petite ville d’environ 8 000 habitants. C’est ici qu’est né en 2006 le mouvement des villes en transitions. Un mouvement inspiré de la Permaculture qui vise le développement d’une économie locale et la sortie progressive de notre dépendance aux énergies fossiles afin de créer un monde durable et de lutter contre le réchauffement climatique.

Ce mouvement, porté par Rob Hopking (professeur en Permaculture) et par d’autres, a inspiré de nombreuses villes partout dans le monde et c’est tant mieux!

Je me suis donc rendue à Totnes, au printemps 2018, pour participer au Transition Tour : un tour guidé de la ville vu sous l’angle de ces alternatives.

Comme son nom l’indique, Totnes est en « transition ». Il ne faut pas s’attendre à trouver ici la ville « parfaite » écologiquement parlant. La mise en place des initiatives se fait progressivement suivant les rythmes et les forces à dispositions de chacun. Cependant Totnes est le creuset de très nombreux projets pouvant réellement être une sources d’inspiration pour d’autres communes.

Ce mouvement part d’une ville « normale » et se demande comment est-il possible de rendre cette ville plus écologique, dynamique et humaine? Et surtout comment impliquer les habitants même si ces derniers sont loin d’avoir des préoccupation d’ordre écologique? Ce qui semble fonctionner à Totnes c’est la création de plein de petits groupes où chacun semble trouver sa place dans la mise en oeuvre de projets divers touchant à l’énergie, l’alimentation, la santé et bien être, le transport, la construction, la gestion des déchets, l’économie, l’art, bref tout ce qui concerne notre quotidien!
Il s’agit de re-penser sa ville sous un autre angle et de voir quelles modifications il est possible d’y apporter!

La rue centrale et les quais de Totnes :

Rue centrale
Le jour du marché :

La transition remet en question l’idée de la croissance économique « produire plus, gagner plus, consommer plus » mais bien au contraire parle de résilience. Totnes Transition Town (TTT) propose de nouvelles façons de régénérer l’économie en rendant les choses plus locales et en réduisant vraiment sa dépendance face aux énergies fossiles. Cela pourrait être un énorme avantage économique pour la communauté et créer plus d’emplois locaux.

Par exemple : le constat est que la plus part des légumes consommés par les habitants parcourent des kilomètres pour arriver sur les étales de Totnes, cela a un fort impact écologique et économique. Les économies faites sur les transports pourraient servir à payer un agriculteur local!

En gros : le « bisness » local c’est d’éviter que l’argent sorte de la localité!

C’est ainsi que Totnes a mis en place sa monnaie locale : Totnes pound. Avec laquelle il est possible de payer avec des billets créés à cet effet mais aussi électroniquement par sms ou email.

À Totnes, les initiatives naissent de groupes qui cherchent à avoir un impact sur la politique de la ville. Par leurs analyses entre besoins, réalités écologiques et les ressources à disposition, ces groupes proposent divers projets et collaborent à leurs mise en place. Comme par exemple le projet des incroyables comestibles, des jardins partagés, d’un verger publique, d’un bus publique pour réduire l’usage de la voiture, une zone dédiée aux voitures électriques, de la construction de 2 turbines pour produire l’énergie électrique servant à la ville, un projet d’éco-quartier, un festival d’alimentation local et bien plus encore …
Voici certains de ces exemples en photos ci-dessous :

Les turbines servant à produire de l’électricité :

Les jardins partagés :

Bacs incroyables comestibles. Le concept est simple, on plante ce qu’on veut, n’importe qui peut récolter!

Espace pour les voitures électriques :

Bus gratuit qui relie les différents quartiers de la ville :

Le TTT a proposé aux habitants de Totnes le « Transition Street » : la rue en transition. Il s’agit d’une initiative où les habitants d’un quartier se réunissent régulièrement autour d’un livret créé par le TTT qui permet de s’interroger sur sa conduite concernant : l’alimentation, consommation d’eau, d’électricité, l’isolation, les modes de transport utilisés, la gestion des déchets et le recyclage.
Ce livret donne des conseils afin d’avoir une meilleur conduite écologique et a permis aux habitants de réaliser des économies, de mettre en place des systèmes de co-voiturage, d’échange de biens, mais surtout il a offert la possibilité à chacun de se rencontrer et de mieux se connaître, créant ainsi un plus grand sens de la communauté et de l’entraide.

Le TTT est aussi très actif dans le domaine de la promotion de création d’emplois locaux par un projet nomé Local Economy Blueprint. « Le but de cette économie locale est de maximiser le bonheur et le bien être de la communauté entière. De créer une abondance d’opportunités pour satisfaire les besoins de tous en utilisant et distribuant équitablement les ressources à disposition dans le respect des limites naturelles. »
Il s’agit d’un projet qui réfléchit à comment il est possible de créer de nouvelles sources d’économie locale. Créant ainsi : « mon argent devient ton salaire et vise versa ».
Ils ont ainsi créer un espace de travail partagé pour les petites entreprises locales et un forum d’entrepreneurs locaux : la communauté des Dragons (Community of dragon), qui a permis de donner naissance à de nombreuses entreprises locales en lien avec le développement durable, telles que : Argand Solution (consultation en energie) ou School Farm (école agricole).

Le groupe TTT emploie aujourd’hui 9 mi-temps et fonctionne grâce à l’aide de nombreux volontaires.

Hal notre guide nous explique qu’à Totnes les « activistes sont devenus des entrepreneurs ». Cette phrase résume bien le parcourt vécu par ces personnes qui ont fait bouger Totnes pour en faire l’exemple de la ville en transition.

Le tour s’est terminé à la brasserie de Totnes, crée en 2013, pour déguster une bière artisanale et locale!

Pour plus d’infos : https://www.transitiontowntotnes.org/

Pour les initiatives en France : http://www.entransition.fr

Torri Superiore

torri

Torri Superiore
Ecovillage en ligure, Italie
Via Torri Superiore 5
18039 VENTIMIGLIAItalie
www.torri-superiore.org

Habitants : 20 personnes

L’aventure de Torri Superiore a commencé en 1989 lorsque le village à l’abandon a été racheté par l’association culturelle de Torri Superiore. L’idée est de restaurer ce lieu afin d’en faire une communauté de vie, un lieu d’accueil et une résidence culturelle tout en respectant les principes de l’écologie et dans une démarche allant vers l’auto-suffisance.
Le rachat de l’ensemble du village n’a pas été facile et a pris plusieurs années le temps de retrouver les différents propriétaires et de boucler les démarches administratives.
Aujourd’hui l’écovillage est la propriété de l’association culturelle et après des années de chantiers de reconstruction le village est devenu le lieu de résidence de 12 adultes et 8 enfants, ainsi qu’un lieu d’accueil d’environ 30 lits.
Il reste à faire mais le plus gros a été fait! Torri est un village de 3000m2 et possède 162 pièces. La reconstruction a été réalisée grâce à l’aide de nombreux volontaires venus d’un peu partout pour participer à un chantier avec des matériaux écologiques et locaux. Les habitants ont commencé à s’y installer à partir de 1993.

Torri Superiore est géré à la fois par l’association culturelle qui comptent 30 membres entre résidents et non résidents, et par la communauté de résidents. Les membres de l’association se rencontrent régulièrement afin de prendre les grandes décisions. Le quotidien est géré par les résidents.
Chaque nouveau résident a une période d’essai d’1 an et doit être accepté par tous les autres avant de pouvoir s’installer définitivement.

A Torri Superiore chacun vit chez soi, dans sa propre maison, mais tous se rencontrent pour gérer collectivement le lieu. Les repas du midi et du soir sont pris en commun dans la grande salle à manger en compagnie des visiteurs venus pour participer à un stage ou en simple touriste. Une fois par semaine, les résidents se réunissent afin d’organiser les différentes tâches de la vie quotidienne : préparation des repas, courses, vaisselle, entretient et divers chantiers en fonction des besoins. Chacun participe aux tâches en fonction de ses disponibilités et de ses envies et pour le moment ça fonctionne très bien!

Chaque résident a sa propre autonomie financière. Il y a ceux qui organisent des stages, ceux qui travaillent pour le centre d’accueil, ceux qui ont une activité à l’extérieur et ceux qui ont créé des activités sur place comme le maraichage ou l’élevage. D’une certaine façon ils méritent bien leur nom d’écovillage car le maraicher vent ses fruits et légumes à l’association culturelle qui organisent des stages grâce aux savoirs faire des uns et des autres et embauche d’autres résidents pour gérer l’accueil des hôtes!

L’écologie à Torri Superiore :

  • le village a été rénové avec des matériaux écologiques et locaux
  • l’électricité est en grande partie produite par les panneaux photovoltaïques
  • eau chaude solaire
  • les maisons sont chauffées par l’eau chaude produite par les panneaux solaires qui circulent dans les murs des maisons à travers des conduites (voir photo ci-dessous) et grâce au bois
  • les véhicules sont partagés

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Le social à Torri Superiore :

Toutes les décisions sont prises en consensus. Ici, il n’y a pas de charte ni de règlement. Chacun apporte ses compétences. Une fois par semaine, les résidents se réunissent pour se répartir les tâches. Chacun a une ou plusieurs responsabilités. La vie semble bien s’articuler et s’équilibrer entre temps personnel, chantier et collectif.

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L’alimentation :

Elle est en grande partie produite sur place grâce aux nombreux jardins en terrasse tout autour du village. De nombreux fruits et légumes y sont cultivés selon les principes de l’agriculture biologique et de la permaculture. Torri produit aussi son huile d’olive, pain, confiture, tisane, miel, lait de chèvre, fromage, yaourt, glace…
Les produits achetés à l’extérieur sont bio et locaux.
Les repas sont préparés et pris en commun.

(Photos : la salle commune des repas/les jardins)

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Économie :

Chaque résident reverse une somme (environ 300€) chaque mois à l’association. Cet argent est utilisé pour payer les charges et projets communs. De plus, les membres s’échangent volontiers services et biens (vêtements, jouets, livres…)
Le village accueille chaque année de nombreux volontaires venus des quatre coins du monde qui participent à la vie collective et aux chantiers.
Torri vit de l’éco-tourisme, de l’organisation de stages autour de l’art, artisanat, écologie et durabilité et de la vente locale de ses productions.
(Photos : les chambres pour les visiteurs/stage de fabrication de savons)

Ci dessous les résidents de Torri Superiore

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Avant et après!

Un lieu qui fonctionne bien : Torri comptent environ 3000 visiteurs par an!

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Pour plus d’information visitez leur site internet : torri superiore

Alter Tour 2016

Info pour celles et ceux qui ont envie de pédaler cet été à la rencontre des Alternatives en Bretagne, comme chaque année, l’AlterTour, propose de relier en vélo les alternatives de diverses régions. Plusieurs visites d’éco-lieux, communautés intentionnelles et coopératives sont au programme.

Je vous met le lien ici : Alter Tour 2016